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Publié le 18/01/2016 , HESAM Université, Chercheurs

Cette semaine, focus sur Fanny DÉGEILH, doctorante à l'EPHE, financée pour un contrat doctoral par HESAM Université et son programme Paris Nouveaux Mondes.

Fanny DÉGEILH, qui êtes-vous ?

Je suis doctorante à l’EPHE, où je travaille sur L’impact des traumatismes individuels et collectifs sur la mémoire : une approche transdisciplinaire, sous la co-direction de Francis Eustache et Denis Peschanski. Je suis titulaire depuis 2012 d’un contrat doctoral Paris Nouveaux Mondes pour 3 ans.

Quel est votre projet de recherche ?

Conséquence psychopathologique principale de l’exposition à un événement traumatique, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un problème majeur de santé publique et son retentissement sur le bien-être et le développement de l’individu est particulièrement préoccupant. Les dysfonctionnements mnésiques et l’altération de l’estime de soi jouent un rôle central dans son développement et son maintien, et sont maintenant reconnus dans les critères diagnostics du TSPT.
A travers ce projet, nous proposons d’évaluer l’impact d’un traumatisme psychique sur la mémoire et la perception de soi de façon transdisciplinaire au travers de deux études.

La première étude, entre neuropsychologie et sciences sociales, a pour objectif d’examiner l’évolution temporelle du souvenir d’un événement traumatique, les attentats du 11 septembre 2001 à New York, grâce à l’analyse par textométrie de témoignages recueillis à différents temps après l’attentat. Nous souhaitons ici établir comment les aspects constitutifs d’un souvenir se modifient au fil du temps et quels sont les facteurs modulants cette évolution en portant une attention particulière aux émotions et au psycho-traumatisme.
Dans une seconde étude, nous nous intéressons à l’impact du traumatisme chez l’adolescent sur la perception de soi et la mémoire, et d’autre part sur les structures cérébrales impliquées dans la composante émotionnelle de la mémoire (amygdale, hippocampe et cortex préfrontal). Nous avons déjà montré que certaines régions cérébrales se spécialisent à l’adolescence dans le traitement d’informations relatives à soi (Dégeilh et al., 2015) et ce travail offrira la possibilité d’évaluer l’impact du traumatisme sur ces mécanismes neurocognitifs. Par cette approche intégrative associant psychopathologie, neuropsychologie et neuroimagerie, nous espérons proposer un profil de dysfonctionnement spécifique à l’adolescent présentant un TSPT. Cette recherche permettra, outre une meilleure compréhension des séquelles psychiques, l’établissement de profils mnésiques indispensables à la prise en charge de ces jeunes en cours de formation.

L’association des techniques apportées par les différentes disciplines mises en jeu dans ce projet pour étudier l’impact d’un traumatisme psychique sur la mémoire nous permettra d’appréhender de façon plus globale les liens qui associent mémoire, émotion, perception de soi en tenant compte des aspects sociaux, cognitifs et neuronaux.

Ce projet s’inscrit dans une collaboration entre le Centre d’Histoire Sociale du XXème siècle (Denis Peschanski, historien ; dr1 CNRS ; Paris 1, responsable scientifique de l’équipex Matrice) et l’Unité de recherche U1077 « Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine » (Directeur Francis Eustache, DE exep. EPHE ; Inserm-EPHE-Université de Caen Normandie).

Que vous a apporté votre collaboration avec HESAM Université ?

Nous souhaitions étudier les liens entre la mémoire et le traumatisme d’une façon globale avec différentes visions, différentes approches. Ainsi, nous avons réfléchi avec mes deux directeurs, Francis Eustache et Denis Peschanski, à ce projet transdisciplinaire. L’ouverture disciplinaire et l’orientation internationale mises en avant dans l’appel à projet pour le concours doctoral PNM de l’été 2012 a retenu notre attention pour son financement.

Le financement de ce projet m’a permis de réaliser mon travail de thèse en collaboration avec des chercheurs et ingénieurs au sein des équipes de l’unité U1077 et de l’équipex Matrice. Ce projet m’a également permis de mettre en place une collaboration avec William Hirst et son équipe (The New School, département de psychologie, New York) pour la réalisation de l’étude sur l’évolution temporelle du souvenir du 11 septembre 2001 à New York.

Vos ambitions suite à ce projet ?

Ce projet de thèse m’a apporté le bagage scientifique et la maturité qui me permettront par la suite de réaliser un projet de post-doctorat dans lequel j’espère continuer à appréhender la question de la mémoire et du traumatisme par une approche disciplinaire multiple.