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Publié le 19/02/2016 , HESAM Université, Chercheurs

Cette semaine, focus sur Elena BEVILACQUA, doctorante à l'EHESS, financée par HESAM Université et son programme Paris Nouveaux Mondes.

Elena BEVILACQUA, qui êtes-vous ?

Je suis doctorante à l’EHESS, au Centre Norbert Elias (Marseille) où je travaille sur Les Italiens à Marseille au XVIIIe siècle : de l’ancien régime au grand empire, sous la direction du Professeur Jean Boutier. Je bénéficie d’un contrat doctoral Paris Nouveaux Mondes heSam université depuis 2012.

Quel est votre projet de recherche ?

Mon projet de thèse traite des dynamiques d’insertion/intégration des étrangers à Marseille, en particulier des italiens, entre deux siècles (XVIIIe – XIXe siècles). Pour ce faire, j’étudie l’entière population marseillaise de l’époque, autochtones et étrangers compris, à travers les premiers recensements faits pour la ville. Le contexte historique de cette recherche est très intéressant, caractérisé, en particulier, par le développement du système administratif qu’on connait aujourd’hui et par la définition des « identités de papier ». Le contexte général de ma dynamique de recherche est central. En effet, il va du concept d’identification et des dynamiques qui en sont issues – de la phase embryonnaire de l’ancien régime jusqu’à la fin du XIXe siècle -, à l’étude des systèmes de contrôle et de surveillance de la population, en passant par l’analyse des méthodes et problématiques de l’enquête sociale de l’époque.  Les recensements représentent, en effet, des sources très intéressantes pour l’historien qui veut étudier la population, mais également pour celui qui veut étudier la construction de cette enquête, dans ses problématiques et sa mise en place.

Le traitement quantitatif des sources a représenté une étape fondamentale et nécessaire pour la construction de la base de données ; néanmoins, cette étape n’a pas été simple : les sources, à la fois éparses, lacunaires et de natures diverses, ont été analysées à la main, sans l’utilisation de logiciels particuliers, pour en garder les différentes caractéristiques. De plus, suite à l’énorme quantité de données accumulées, il a fallu resserrer le champ d’analyse à une portion plus petite de la ville et, à travers l’utilisation d’un filtre topographique, la section 17 (St Laurent ou Les Enfants-Abandonnés) a été sélectionnée.

Les Archives de Marseille disposent de cinq recensements pour la section 17 à l’époque étudiée, organisés par îles et maisons, selon la division administrative de 1791. La création de la base des données, son analyse puis sa comparaison avec d’autres sources – en particulier le cadastre, les listes paroissiales et de l’état civil – ont mis en évidence divers facteurs :

  • En premier lieu, l’inachèvement des parcours des personnes, dû d’une part aux lacunes de la documentation, de l’autre aux difficultés à effectuer et accomplir l’enquête à l’époque ;
  • En deuxième lieu, le nombre de personnes habitant dans la section 17. Comment étaient-ils repartis dans les maisons des îles ? comment était composé le noyau familial ? quelles étaient les origines des gens recensées ?

Cette analyse m’a permis également de constater progressivement l’insertion/intégration des personnes au travers des mariages ou des filiations. La présence de ces personnes dans une maison dans la section 17, ou bien qu’elles soient en micromobilité dans une section proche, ou encore leur profession, forment autant d’éléments rendus visibles par l’analyse de cette base de données. Cette étude, alors, basée sur le traitement quantitatif des sources, a permis la création et la représentation d’une microsociologie de cette section, ambition générale de cette recherche.

Étant actuellement à la fin de ma troisième année de thèse, je complète l’analyse de ma base de données, qui doit être perfectionnée pour simplifier ce travail. Je commencerai bientôt la rédaction de ma thèse.

Que vous a apporté votre collaboration avec HESAM Université ?

Ma collaboration avec HESAM m’a permis simplement d’affronter ma thèse : la possibilité d’avoir un contrat doctoral a été fondamentale pour me permettre de continuer mes études. J’ai pu suivre des séminaires très intéressants, connaître des experts sur les disciplines avec qui j’ai discuté de mon projet ; j’ai pu participer à la création d’un laboratoire européen ; j’ai pu grandir, d’un point de vue intellectuel, dans des milieux très intéressants, à travers par exemple des ateliers et des colloques. La collaboration avec HESAM a été centrale pour connaître et comprendre la recherche.

Vos ambitions suite à ce projet ?

Suite à ce projet, j’aimerai continuer la recherche, même si le travail que demande une thèse est, à la fois, difficile et critique : j’ai compris, en effet, que faire de la recherche n’est pas si simple, il faut vraiment aimer ce que l’on fait et être passionné. J’ai affronté toutes les phases critiques de ma thèse et, surement, j’en aurais d’autres ; j’espère, quand même, continuer par la suite dans le milieu de la recherche, en développant des aspects importants de mon étude, que je ne pourrai approfondir dans le cadre de ma thèse.