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Publié le 01/04/2016 , Chercheurs, PEPITE HESAM Entreprendre

Cette semaine, focus sur Claire BOSC-TIESSÉ, chargée de recherche au CNRS à l'Institut des Mondes Africains. Elle collabore activement à deux projets scientifiques, financés par HESAM Université et son programme Paris Nouveaux Mondes.

Claire BOSC-TIESSÉ, qui êtes-vous ?

Je suis chargée de recherche au CNRS à l’Institut des Mondes Africains (IMAF, UMR 8171). Je suis porteuse du projet recherche Afriques x Objets (histoire x arts x technologies de pointe) et membre du comité de pilotage. Dans le cadre du  Projet NeXT (Noyau d’excellence thématique) Mutations et défis africains, je suis responsable de l’« Espace collaboratif » Couleurs : création et perception, utilisation et réception, coordonné par Rémy Bazenguissa.

Quels sont vos domaines de recherche ? Vos principales problématiques ?

Historienne et historienne de l’art spécialiste de l’Éthiopie chrétienne entre le XIIe et le XVIIIe siècle, mes recherches portent principalement sur les modes de gouvernement et les productions artistiques dans le royaume éthiopien chrétien et, à l’interface, sur le statut et l’utilisation des images, le tout sur une période longue du XIIIe au XVIIIe siècle. Je développe ces thèmes notamment dans le cadre de projets d’équipe spécifiques tels la mission archéologique et historique sur le site rupestre de Lalibela, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et sur les archives de la région du Lasta, co-dirigée avec Marie-Laure Derat, ou le projet d’analyse des processus de création picturale avec Sigrid Mirabaud.

Quels sont vos projets de recherche HESAM université ? Quelles sont leurs ambitions ?

Dans le cadre d’HESAM université, je coordonne deux projets de recherche. L’un avec Sigrid Mirabaud, chimiste responsable du laboratoire de l’Institut national du patrimoine (Inp), sur la Couleur : création et perception, utilisation et réception. Il prend place dans le cadre du projet Mutations et défis africains (projet NEXT – Noyau d’excellence thématique) qui rassemble les chercheurs travaillant sur l’Afrique des établissements d’HESAM dans le but d’articuler recherche, valorisation, formation des étudiants avancés et coopérations d’échanges internationaux sur des thèmes à la fois fédérateurs et permettant de resserrer l’analyse. Ainsi le thème de la couleur intéresse historiens et anthropologues de l’art, physico-chimistes, restaurateurs, sociologues, politistes, linguistes, géologues, botanistes, économistes… Il permet de penser ensemble les différents aspects de la fabrique, de l’utilisation, de la perception et de la dénomination des couleurs en Afrique à travers les siècles, et de croiser les approches pour voir comment les couleurs sont créées, perçues, nommées, et utilisées dans la vie politique, sociale et religieuse pour communiquer et représenter soi-même et les autres. Une journée d’études a eu lieu sur ces thématiques le 19 février 2016 à l’INHA. Cet atelier comprend aussi de la recherche en France et en Éthiopie, principalement sur les matériaux picturaux, de la formation en France dans le laboratoire de l’Inp d’étudiants et de professionnels africains.

L’autre projet, Afriques x Objets. Histoire x arts x technologies de pointe, propose de lancer une synergie commune de recherches sur la création africaine, passée ou présente, et la production d’objets contemporains dans un programme en deux volets. Il se fait en coopération entre l’Institut des mondes africains, l’Institut national du patrimoine et l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, principalement le laboratoire MAP-MAACC (Modèles et simulations pour l’architecture et le patrimoine – Modélisation pour l’Assistance à l’Activité Cognitive de La Conception). Le premier volet testera concrètement en Éthiopie les problématiques liées à la modélisation d’un site rupestre en Afrique pour réfléchir non seulement au fonctionnement des différentes parties du site mais aussi à son élaboration et à ses transformations au cours du temps en lien avec l’étude de la taille de la pierre et de la géologie spécifique des lieux. Le deuxième volet est un atelier qui réunira à Paris les personnes intéressées à donner corps à une réflexion plus large pour associer recherches sur les objets du passé, mise au point d’outils pour la recherche, création contemporaine, production d’objets innovants pour des mondes non limités aux pays fortement industrialisés ou réinterrogés à partir d’autres histoires, d’autres pratiques, d’autres usages pour répondre aux défis d’un monde en transformation.

Que vous a apporté votre collaboration avec HESAM Université ?

L’état des recherches sur l’histoire et l’histoire de l’art et des objets avant le XIXe siècle de l’Éthiopie, et plus généralement de l’Afrique, nécessite de mener de front l’acquisition des données in situ et la mise en place de méthodes d’analyse innovantes, notamment dans la pluri-disciplinarité, pour pallier à la rareté des sources. La ComUE HESAM a permis de donner un cadre à des collaborations existantes entre spécialistes de domaines différents et d’en mettre en place de nouvelles.

Vos ambitions suite à ce projet ?

Si ces projets doivent être profitables à chacun dans ses objectifs propres, ils doivent aussi nous amener à revoir nos modalités de penser et de faire. Au-delà des projets de recherche personnels comme collectifs, il s’agit de participer à la définition future des nouvelles configurations de recherche et d’enseignement, des passerelles entre recherche fondamentale et enseignement mais aussi entre recherche, enseignement et production à l’intérieur de la ComUE comme avec les institutions partenaires en Afrique.