3 mars – Séminaire – « Un entrepreneur religieux » – « Les variations du croire »

mars 2, 2017 No Comments »
3 mars – Séminaire – « Un entrepreneur religieux » – « Les variations du croire »

séminaire EHESS/HASTEC 2016-2017

Organisé par 
Nathalie Luca
directrice de recherche au CNRS  (CéSor) et 
Anne-Sophie Lamine
professeure (Université de Strasbourg, DynamE)


Thème : « Un entrepreneur religieux »

présence de Nathalie LUCA

Bernard est un jésuite qui vit en Corée depuis plus de 30 ans. Professeur dans l’une des meilleures universités de Séoul, il est par ailleurs un excellent spécialiste du bouddhisme coréen. Ce double parcours l’a amené à s’interroger sur les possibilités d’une rencontre entre le catholicisme et le bouddhisme, ce qui s’est traduit par la publication d’un livre : Jésus le Christ à la rencontre de Gautama le Bouddha. Identité chrétienne et bouddhisme, (Paris, Cerf, 1998). Des catholiques coréens (mais pas seulement) intéressés par son message lui ont demandé de créer une association pour mettre en acte cette rencontre. De fil en aiguille, et après une quinzaine d’années de fonctionnement, l’association qu’il préside est en train à créer son propre centre de méditation, « Le chemin de pierres au bout du chemin ». Il s’agit là d’un véritable projet entrepreneurial qui oblige Bernard à vivre et à décrire des situations en des termes qui rappellent ceux des créateurs de startup. Jusqu’où vaut la comparaison ? C’est la question que nous nous poserons à partir d’un court métrage qui fait le portrait de Bernard : « Le chemin de pierres ».

Quand : Vendredi 3 mars 2017 – de 15h à 18h

Où : CeSor : salle Alphonse-Dupront, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris

1er vendredi du mois de 15h à 18h (salle Alphonse-Dupront, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris) 
du 2 décembre 2016 au 2 juin 2017. Séances supplémentaires de 10h à 13 h puis de 15h à 18h le 16 juin 2017

Plus d’infos : Programme du séminaire

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Le séminaire poursuit l’exploration du croire dans le religieux (christianismes, islams, nouveaux mouvements religieux…) et à ses frontières (milieux entrepreneuriaux, artistiques ou politiques) et s’inscrit dans le cadre des activités menées par le programme collaboratif « Les techniques du (faire) croire » du Laboratoire d’excellence Hastec, « Histoire et anthropologie des savoirs, des techniques et des croyances ». Les questions posées traversent et dépassent le champ religieux, portant sur les notions de choix, de vocation, d’ambition, de désir ou de pouvoir. La notion de vocation n’est pas propre à la vie religieuse. Des professionnels issus de domaines d’activités différents justifient également leur engagement dans leur métier en terme de vocation. D’autres au contraire estiment que la société, en accolant à leur profession la notion de vocation, les prive d’une reconnaissance professionnelle méritée et légitime leur faible salaire. Dans tous les cas, l’idée de vocation paraît s’opposer à celle de choix. La première semble s’articuler avec la notion de foi ou d’appel, elle renvoie à une extériorité du sujet, la seconde avec celle de responsabilité et de rationalité ancrée à l’intérieur du sujet. Le choix et la vocation se construisent en tension, mais ces deux notions peuvent être utilisées par les mêmes individus qui pourront à la fois revendiquer le choix et la vocation, ou au contraire prétendre à un choix sans vocation ou encore à une vocation au-delà de tout choix. C’est  sur l’articulation entre ces deux termes, entre raison et émotion, extériorité et intériorité, responsabilité et conviction, et sur la façon dont ceux-ci rencontrent les notions de foi, de passion, d’ambition et de responsabilité que se consacrera une partie de notre séminaire mensuel en explorant notamment des portraits filmés d’artistes, d’entrepreneurs ou d’architectes. En 2015-2016, l’analyse de courts-métrages réalisés avec des moines trappistes, a révélé plusieurs éléments qui peuvent être interprétés en termes de dressage du corps et de l’esprit (développement des sens et du jugement esthétique ; travail manuel et intellectuel ; temps de pause, silence, etc.) qui disent ensemble ce qu’est leur Dieu et le présentifient. Qu’est ce que la vocation, le désir, la foi présentifient lorsqu’ils s’expriment dans des sphères d’activité où l’individu se dit maître de son engagement ? Par quoi alors est-il agi ? Quels sont les « non humains » (valeur, objet, instrument, etc.) qui l’animent ? Quel héritage la religion a-t-elle laissé en termes d’attitude ou de contenu de croyance ? Comment se traduit l’ivresse de la foi dans un monde sécularisé, et se saisit le conatus cher à Spinoza, force d’exister, élan vital de l’individu mu par le désir ?

L’autre grande thématique de ce séminaire abordera le croire en l’articulant aux notions de pouvoir, de corps et d’émotions. En plus de l’approche pragmatiste de John Dewey déjà abordée en 2015-2016, nous discuterons de celle de Talal Asad et de chercheurs qui s’en inspirent. Ces approches seront mobilisées pour analyser des modes de vie et des engagements de croyants musulmans en France et en Europe, dans une perspective comparative avec d’autres types d’engagements, religieux ou non.

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