Responsabiliser par la pédogagie : « Making the internet a safe place »

novembre 9, 2014 No Comments »
Responsabiliser par la pédogagie : « Making the internet a safe place »

Delphine Reyre, directrice des affaires publiques de Facebook pour la France, nous rappelait le 5 novembre dernier que le premier réseau social tirait son incroyable succès de l’association de la force de l’Internet communautaire et de la “politique d’identité réelle” donnant à chacun le sentiment d’être acteur et maitre de son activité en ligne.  Dans le cadre de notre proposition de faire du visiteur un acteur responsable au sein de l’Exposition Universelle, le pouvoir de fidélisation et d’attention des réseaux sociaux est une dimension qui nous inspire particulièrement.

Responsabilisés car se sentant sécurisés dans un espace avec leurs “proches”, les utilisateurs de Facebook se sentent à l’aise dans une communauté où rien n’est imposé. Il faut donc établir des règles mais celles-ci n’existent que pour garantir le “bien-être” de l’utilisateur, entendu comme liberté d’expression. L’enjeu est de taille dans notre société où “l’atteinte à la liberté d’expression” est devenue un sujet récurrent dans l’actualité. Comment protéger l’espace numérique des atteintes à la dignité personnelle sans pour autant en nier le fondement ? La conférence annuelle du Réseau International de la Lutte contre la Haine sur Internet (INACH) les 20 et 21 Octobre derniers a apporté des éléments de réponse et confirmé nos premières intuitions quant au rôle de la pédagogie pour responsabiliser les utilisateurs.

Des représentantes de Facebook et Twitter sont intervenues pour présenter leurs politiques d’action visant à promouvoir la liberté d’expression et sécuriser l’espace virtuel tout en favorisant le civisme et la responsabilité individuelle.  Avec une base de près de 400 milliards de photos, Facebook met en place des systèmes de personnalisation et signalement permettant à l’utilisateur de choisir le contenu auquel il accède. Il ne s’agit pas de censurer mais de changer la société en profitant du formidable outil de l’anonymat pour favoriser une transition des individus vers plus de responsabilité sur le Web. Mais dans une société française marquée par l’héritage de la deuxième guerre mondiale, signalement et délation ne font pas forcément le meilleur effet. Il faudra ainsi valoriser le contre-discours et son aspect ludique pour favoriser un usage responsable des plateformes numériques.

Pédagogie et outils ludiques apparaissent comme des éléments clefs à retenir pour favoriser le bien être des visiteurs dans un espace sécurisé où ils pourront échanger avec leurs “proches” et des potentiels interlocuteurs pour s’impliquer et créer leur propre expérience. Responsabilisés, sécurisés et conscients du formidable impact qu’ils pourront avoir par leurs actions, les visiteurs deviennent des acteurs engagés dans une expérience de 6 mois, test à grandeur nature d’un nouveau modèle de société consacrant le “retour de l’humain”.

Coline Guedj

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